Quelques types de frais à envisager : frais de personnel, location (entreposage collection, entreposage d’archives, atelier), entretien et maintenance, frais de publication, impôts et taxes, externalisation de la comptabilité, maintenance et conservation de la collection et des archives (matériel de conditionnement, restauration…), assurances, transport, informatique (archives numériques, base de données, site Web…), photographie des œuvres et autres frais administratifs.
- Réfléchissez bien aux dépenses liées à la constitution de l’estate, à son fonctionnement et à l’entreposage. Posez-vous les questions suivantes : « S’agit-il de frais exceptionnels ou de frais fixes (p. ex. une fois par mois ou par an) ? », « Est-il possible d’étaler ces frais ? ». Tenez-en compte dans votre plan ou tableau financier.
Exemple : dépenses pour un espace de travail et d’entreposage :
Où la succession sera-t-elle conservée ? Pour ce poste de dépenses, il faut réfléchir au lieu de conservation, là où la succession (œuvre et archives) sera entreposée, et si elle peut y rester à long terme. Il peut s’agir d’un espace d’entreposage interne, comme votre habitation, ou l’ancien domicile ou atelier de l’artiste, ou toute autre propriété privée. Mais vous pouvez aussi utiliser un dépôt externe. Il faudra alors prendre en compte les frais à long terme, tels qu’un loyer, des charges (électricité, chauffage, eau…) et d’autres frais permettant la conservation durable de la succession. Certains des appareils achetés devront être entretenus ou réparés, en quel cas il faut ajouter des frais de maintenance.
Une fois que vous disposez d’un espace approprié pour la succession, vous pouvez réfléchir au matériel nécessaire pour l’entreposage et la conservation des archives et de l’œuvre (étiquettes, autocollants, armoires (à tiroirs), étagères…). Quel système allez-vous utiliser pour dresser l’inventaire de la succession ? Et quels frais cela entraînera-t-il ? Vous pouvez comptabiliser ces frais comme un investissement, pour lequel vous rechercherez également un financement.
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- Faites des recherches pour identifier les dépenses, demandez éventuellement des devis et intégrez ces informations dans votre plan financier. Veillez à ce que ce dernier soit révisé régulièrement, et faites-le grandir avec votre organisation.
Pour limiter les dépenses, notamment les frais de personnel, on peut faire appel à des compétences internes, se faire aider par un réseau familial, d’ami·es, de connaissances ou de bénévoles et rechercher les collaborations avec des universités ou des administrations et organisations locales.
En fonction des compétences et aptitudes disponibles en interne, vous serez en mesure de déterminer ce dont vous pouvez vous charger vous-même (par exemple la comptabilité, les photos ou le support IT), ou que vous pouvez déléguer au réseau familial, etc., voire à des contacts professionnels ou encore au « cercle d’ami·es » de l’estate, si tant est que vous ayez lancé cette initiative. Si vous êtes héritier·ère/ayant droit ou personne intéressée, examinez votre propre réseau, mais aussi celui de l’artiste, et voyez qui il pourrait être intéressant d’associer à la constitution de l’estate. Faire appel aux compétences de personnes de votre entourage permet de répartir les tâches liées à la succession et de bénéficier de compétences supplémentaires.
- Pensez aussi à prendre contact avec les galeries avec lesquelles l’artiste a travaillé et sondez les possibilités d’une collaboration.
Pour réduire les frais de personnel, vous pouvez aussi collaborer avec des universités ou des services publics locaux, comme une cellule du patrimoine (erfgoedcel) ou un service intercommunal pour le patrimoine immobilier (IOED). Des étudiant·es ou des bénévoles peuvent représenter une aide sur le plan intellectuel, mais aussi pour des questions pratiques, telles que la conservation. En outre, ce type de collaborations permet d’ouvrir la succession à la recherche (scientifique) et de la rendre accessible à un public plus large. On pense par exemple à une participation à la Journée du Patrimoine ou à la Journée des Monuments ouverts en Flandre. Les possibilités de collaborations sont exposées en détail sur la page « Collaborations ». Consultez aussi le chapitre « Valoriser une succession et la rendre accessible » pour plus d’informations.
- Tenez compte de l’intérêt manifesté par l’environnement local, notamment en matière d’arts plastiques, et voyez en quoi les activités de l’estate pourraient en profiter.
Fort heureusement, les estates n’ont pas que des dépenses mais aussi des sources de revenus, parmi lesquelles les différentes composantes de la succession, en particulier l’œuvre de l’artiste. Les options sont les suivantes :
La vente d’œuvres de la succession peut être une source de revenus propres. Le cas échéant, il est conseillé de classer l’œuvre de l’artiste en quatre catégories, A, B, C et D. La catégorie A est le noyau de la collection, ce sont les œuvres de référence, représentatives de la vie et du travail de l’artiste. La catégorie B, ce sont les œuvres qui peuvent être vendues ou données à des institutions publiques, comme un musée. La catégorie C rassemble les œuvres qui peuvent être vendues sur le marché de l’art ou à des particuliers. Lorsqu’on vend des œuvres d’art, il est essentiel, de trouver le juste équilibre et le bon moment pour vendre. Cela dépendra évidemment de la position de l’artiste sur le marché au moment de la constitution de l’estate. La dernière catégorie, la catégorie D, réunit les œuvres qui ne feront pas partie de l’estate ou qui seront distribuées à la famille.
- Dans ce contexte, on peut envisager de racheter des œuvres de catégorie A qui avaient été vendues précédemment par l’estate ou l’artiste. Ces œuvres clés pourront alors être prêtées pour des expositions ou être reproduites dans des publications, de manière à faire découvrir au public la vie et l’œuvre de l’artiste.
Pour certains médiums, comme la sculpture, la gravure, la photographie ou la vidéo, il est techniquement possible de produire de « nouvelles » œuvres après la mort de l’artiste. Le droit de le faire dépend des dispositions applicables en matière de droits d’auteur. Il est en outre conseillé de s’assurer des souhaits de l’artiste à cet égard. Le cas échéant, on veillera à bien indiquer l’année de production, pour distinguer les œuvres produites du vivant de l’artiste de celles produites après sa mort.
- La reproduction d’œuvres d’art a une influence sur le marché : plus une œuvre est rare, plus elle a de valeur. Donc, si vous inondez le marché de rééditions, cela fera baisser sa/leur valeur. Réfléchissez bien aux choix que vous allez faire, en tenant compte éventuellement de la subdivision de l’œuvre en catégories.