On parle d’estate quand un·e artiste ou ses héritier·ères et/ou ayants droit décident de pérenniser une succession artistique, de conserver le corpus d’œuvre et les archives de l’artiste et de donner au tout de la visibilité. À cette fin, un plan d’action est élaboré en concertation avec la famille et les personnes intéressées, dont le but sera de protéger la succession, de la valoriser et de la rendre accessible à un large public. C’est ce qu’on appelle l’estate planning, dans le cadre duquel on réfléchit aux différentes options concernant une succession (future), et notamment aux moyens qui pourraient être mis en œuvre pour conserver le souvenir de la pratique artistique et de la vie de l’artiste. On se penche aussi sur les diverses composantes de la succession – archives, œuvres, (ancien) atelier et/ou domicile et succession immatérielle –, sur la manière de procéder, selon qu’on est artiste, héritier·ère, ayant droit ou partie prenante, et sur les moyens de les rendre accessibles.
Au cours du processus de planification, il est possible de stipuler certaines décisions et questions concernant la préservation et la gestion de la succession. Tout cela peut être fait par l’artiste de son vivant, mais aussi par ses héritier·ères/ayants droit ou autres parties prenantes. Ainsi, on peut, par exemple, tenter de répondre à des questions telles que : « Comment souhaitez-vous être remémoré·e en tant qu’artiste ? », « Comment conserver votre œuvre à court et long terme ? » et « Quelles mesures prendre à cette fin ? » Établir un estate planning permet de considérer la succession dans un contexte plus large et d’envisager différents facteurs qui entrent en jeu dans la constitution, l’organisation et la gestion d’un estate et dans la conservation durable d’une succession considérée.
En tant qu’artiste, héritier·ère/ayant droit ou partie prenante, l’estate planning permet de donner un cadre et une protection juridiques à la succession (artistique). Un estate, c’est la perspective d’une préservation durable et d’une gestion à court, moyen et long terme.
Pour en savoir plus sur l’estate planning, voir « Constituer un estate ».
CONSEIL : Avant toute chose, il faut savoir ce qu’on possède. Dans la partie « S’occuper d’une succession : par où commencer ? », le CKV explique comment dresser l’inventaire des différentes composantes d’une succession artistique.
Succession artistique de la Philippe Vandenberg (1952-2005)
Lors d’une première prise de contact, la Fondation Philippe Vandenberg a évoqué la période de constitution de l’estate, lors de laquelle l’atelier a été fermé et les collaborations suspendues, afin de dresser l’inventaire de la succession artistique et de photographier les œuvres. La fondation s’est donné trois ans pour cette première démarche. Une fois que la fondation a disposé une bonne vue d’ensemble, elle a créé une banque de données et a rendu l’héritage artistique de Philippe Vandenberg accessible au public, pour permettre la reprise des expositions et des travaux de recherche.
(Johannes Muselaers – ancien collaborateur)
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